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Réforme de l’IPP 2026 : comment s’y retrouver dans le labyrinthe des nouvelles règles fiscales ?

Adoptée par la Chambre le 9 juillet 2026, la réforme de l’impôt des personnes physiques se présente comme l’une des plus ambitieuses de ces dernières années. Officiellement, elle vise à renforcer le pouvoir d’achat, à encourager le travail et à moderniser des mécanismes jugés obsolètes.

Derrière ces intentions, le texte multiplie les ajustements, suppressions et réintroductions dont les effets se déploient dès l’exercice d’imposition 2026 " c’est-à-dire sur les revenus de 2025 " et s’étalent parfois jusqu’en 2030. Pour les professionnels du chiffre, la difficulté n’est pas tant de lister les mesures que d’en mesurer l’impact concret, profil par profil, et d’anticiper les adaptations nécessaires. La réponse se trouve dans le détail. Le Précis IPP 2026 de Roland Rosoux, disponible sur corporate.be, reste l’allié incontournable pour comprendre les tenants et aboutissants de cette matière alambiquée.

Une fiscalité du travail qui se veut plus attractive

La quotité de revenus exonérée d’impôt augmente progressivement, de sorte qu’une part croissante des revenus professionnels échappe à l’impôt jusqu’en 2030. Le bonus à l’emploi fiscal est renforcé pour les rémunérations les plus modestes. Les entreprises disposent désormais d’un cadre stabilisé pour les heures supplémentaires : le contingent fiscalement avantageux est fixé à 180 heures par an dans la plupart des secteurs, avec effet rétroactif au 1er janvier 2026. Les travailleurs peuvent quant à eux prester jusqu’à 240 heures supplémentaires volontaires nettes, totalement exonérées d’impôt et de précompte professionnel lorsqu’aucun sursalaire n’est dû. Ces dispositions offrent de la flexibilité, mais imposent un suivi rigoureux des déclarations, notamment via les nouveaux codes réservés aux heures de relance.

La famille n’est pas épargnée

Les suppléments de quotité exemptée pour les ménages comptant un ou deux enfants sont progressivement majorés. En contrepartie, le quotient conjugal, longtemps favorable aux couples à revenu unique, est réduit à partir de 2026, avec un régime transitoire plus long pour les pensionnés. Côté charges de famille, le régime transitoire qui bénéficiait aux personnes de 65 ans ou plus à charge disparaît définitivement. Seules les personnes de 66 ans ou plus, présentant une autonomie réduite d’au moins neuf points et fiscalement à charge, ouvrent encore droit à l’avantage majoré. Les plafonds de ressources du conjoint ou cohabitant légal et des rémunérations de fonctionnaires internationaux sont indexés, mais la suppression des codes anciens oblige à une vigilance accrue lors de la déclaration.

Le retour des droits d’auteur dans l’informatique

Après l’exclusion des programmes d’ordinateur du régime forfaitaire à partir de l’exercice 2024 " une exclusion validée par la Cour constitutionnelle malgré les critiques de la doctrine qui rappelait l’assimilation des logiciels aux ?"uvres littéraires au regard de la Convention de Berne ", le législateur prévoit une réintégration explicite. Pour l’exercice 2026, le régime forfaitaire reste pleinement applicable aux ?"uvres littéraires et artistiques classiques, avec un plafond de 75.360 euros bruts, des frais forfaitaires dégressifs et un précompte mobilier de 15 %. Les dirigeants d’entreprise qui cèdent leurs droits à leur société doivent toutefois démontrer paternité, originalité et lien de causalité, sous peine de requalification en rémunération de dirigeant. Le régime transitoire des exercices 2024 et 2025 est terminé ; seuls les codes 1117, 1118 et 1119 subsistent.

Les avantages de toute nature placés sous surveillance

À partir des revenus 2026, les ATN évalués forfaitairement " voiture de société, logement et autres " ne peuvent plus représenter plus de 20 % de la rémunération totale. Tout dépassement expose à une sanction fiscale. Par ailleurs, l’exonération dont bénéficiait l’intervention de l’employeur dans l’achat d’un PC privé a disparu pour les versements effectués à partir du 1er octobre 2025 : le quatrième trimestre 2025 devient donc un ATN imposable intégral.

Des suppressions massives de réductions d’impôt

Disparaissent définitivement les avantages liés à l’employé de maison, à l’assurance protection juridique, à la borne de recharge pour véhicule électrique, aux habitations basse énergie, passives ou zéro énergie, aux motocyclettes et tricycles électriques, aux dépenses d’adoption, aux fonds de développement agréés et à l’acquisition d’un véhicule électrique neuf. Une reprise limitée reste possible pour les fonds de développement en cas de cession anticipée d’actions. En matière d’habitation, le Cadre IX subit une véritable révolution : déduction ordinaire d’intérêts, bonus logement fédéral, réductions pour prêts verts et intérêts complémentaires, ainsi que l’épargne-logement, sont purement et simplement abrogés. Ne subsistent au niveau fédéral que les amortissements en capital d’emprunts hypothécaires conclus jusqu’en 2023 (hors habitation propre) et les primes d’assurances-vie individuelles, le tout sous le régime de l’épargne à long terme. En Région wallonne, une incompatibilité nouvelle s’ajoute : aucune réduction régionale pour l’habitation propre n’est possible si le contribuable a bénéficié du taux réduit de droits d’enregistrement.

Autres adaptations à ne pas négliger

La déduction des rentes alimentaires passe de 80 % à 70 % dès l’exercice 2026, puis à 60 % en 2027 et 50 % à partir de 2028, y compris pour les conventions de divorce antérieures. Le barème IPP 2026 fixe les tranches à 25 % jusqu’à 16.320 euros, 40 % jusqu’à 28.800 euros, 45 % jusqu’à 49.840 euros et 50 % au-delà. Les frais professionnels forfaitaires sont légèrement indexés. Les indépendants voient disparaître la majoration d’impôt pour absence de versements anticipés, tandis qu’une déduction spécifique pour entrepreneurs est annoncée. Les carried interests font leur apparition dans le Cadre VII, et un taux de précompte mobilier de 6,5 % s’applique aux réserves de liquidation.

Une réforme qui redistribue les cartes

La réforme touche simultanément la rémunération des dirigeants, la politique salariale, les avantages de toute nature, la fiscalité des indépendants et celle des ménages. Certaines mesures s’appliquent immédiatement aux revenus 2025, d’autres se déploient progressivement jusqu’en 2030, et un gel d’indexation frappe plusieurs plafonds de réductions entre 2026 et 2030. Face à cette densité de changements, la tentation est grande de se contenter d’une lecture superficielle. Or chaque profil " propriétaire avec emprunt hypothécaire, parent versant une rente alimentaire, dirigeant utilisateur de droits d’auteur, salarié bénéficiant d’un PC d’employeur ou contribuable wallon ayant opté pour le taux réduit d’enregistrement " subit un impact distinct et parfois cumulatif.

C’est précisément cette complexité qui rend indispensable l’analyse au cas par cas. L’expert-comptable ou le conseiller fiscal dispose désormais des outils pour mesurer les conséquences concrètes sur la situation personnelle ou professionnelle de ses clients, anticiper les adaptations et sécuriser la stratégie fiscale. La réforme de 2026 ne se contente pas de redistribuer les cartes : elle oblige à les relire une à une.

Pour une analyse exhaustive cas par cas, consultez le Précis IPP 2026 de Roland Rosoux

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